57 % des employeurs jugent les jeunes diplômés moins préparés
Le passage des études à la vie professionnelle est de moins en moins évident. Si les entreprises continuent de considérer les jeunes talents comme essentiels pour leur avenir, beaucoup s'interrogent sur le niveau de préparation des nouveaux diplômés face aux exigences du marché de l'emploi.
Selon une récente enquête menée par le spécialiste mondial des solutions en gestion des talents Robert Walters, 57 % des employeurs estiment que les jeunes diplômés sont moins bien préparés au marché du travail que les générations précédentes. À l'inverse, seuls 7 % considèrent que les diplômés d'aujourd'hui sont mieux préparés qu'auparavant.
Pour Kevin Blockx, Senior Manager chez Robert Walters Belgium, cela ne signifie pas que les employeurs accordent moins de valeur aux jeunes professionnels. En revanche, leurs attentes évoluent. « Les entreprises n'attendent pas qu'un jeune diplômé soit pleinement opérationnel dès son premier jour. Le véritable défi réside dans l'écart entre les compétences dont les organisations ont besoin aujourd'hui et celles que les jeunes ont déjà eu l'occasion de développer. C'est pourquoi le potentiel d'évolution prend une place de plus en plus importante : la capacité à apprendre rapidement, à s'adapter et à prendre des responsabilités devient déterminante. »
Le potentiel prime sur l'expérience
Malgré leurs réserves quant à la préparation des jeunes diplômés, les employeurs ne recherchent pas nécessairement des candidats disposant d'un long parcours professionnel. Lors du recrutement de profils juniors, c'est avant tout leur capacité d'apprentissage qui fait la différence.
70 % des employeurs citent la motivation et l'envie d'apprendre comme le principal critère de recrutement. La personnalité et l'adéquation avec la culture de l'entreprise arrivent en deuxième position (26 %). Le diplôme ou le domaine d'études ne constituent le critère principal que pour 4 % des employeurs interrogés.
Selon Kevin, ces résultats illustrent une évolution des attentes. « Un diplôme reste indispensable pour certaines fonctions spécialisées, mais il ne raconte pas toute l'histoire. Les employeurs recherchent avant tout des personnes curieuses, capables de prendre des initiatives et d'évoluer rapidement. »
Les premières années d'une carrière sont de plus en plus perçues comme une période d'investissement mutuel, tant pour le collaborateur que pour l'employeur.
Les compétences numériques et l'IA deviennent incontournables
Au-delà du diplôme, les employeurs attendent désormais des jeunes diplômés qu'ils maîtrisent les outils numériques. La connaissance des outils d'intelligence artificielle générative prend également une importance croissante.
« Les organisations s'attendent de plus en plus à ce que les jeunes professionnels utilisent l'IA pour soutenir leurs recherches, leurs tâches administratives, leur communication ou encore la résolution de problèmes. La capacité à utiliser ces outils de manière critique et responsable est désormais considérée comme un véritable complément aux compétences professionnelles classiques, plutôt que comme une expertise technique à part entière », explique Kevin.
Une responsabilité partagée
Pour Robert Walters, ces résultats montrent que la transition entre les études et le monde du travail reste une responsabilité partagée.
Les employeurs doivent clarifier les compétences attendues et offrir aux jeunes recrues les moyens de les développer. De leur côté, les jeunes diplômés doivent mieux mettre en valeur les compétences acquises au travers de stages, de projets académiques, d'expériences étudiantes ou d'activités extrascolaires.
« La véritable question n'est pas seulement de savoir si les jeunes diplômés sont prêts à entrer sur le marché du travail, mais aussi si les entreprises sont prêtes à les accompagner efficacement. Les organisations qui attendent de leurs nouvelles recrues qu'elles soient immédiatement performantes risquent de passer à côté de leur potentiel à long terme. Aujourd'hui, la réussite des premiers pas dans une carrière repose de plus en plus sur un accompagnement structuré, des attentes claires et un feedback continu dès le premier jour, » Kevin conclut.
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Kevin Blockx
Senior ManagerT: +32 497 94 45 82
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