Les jeunes diplômés ne sont pas une priorité absolue pour les employeurs
Le passage des études au monde du travail constitue une étape importante pour tout jeune diplômé. Si de nombreuses organisations recherchent aujourd’hui avant tout des professionnels rapidement opérationnels, les jeunes talents restent un investissement essentiel pour l’avenir. Le défi consiste à trouver le bon équilibre entre les besoins immédiats et le développement des compétences à long terme.
Une récente étude menée par le spécialiste du recrutement Robert Walters montre que les jeunes diplômés ne figurent pas toujours en tête des priorités des employeurs. Jens Spittael-Speeckaert, Director chez Robert Walters Belgique, explique comment les organisations perçoivent aujourd’hui les jeunes talents et partage plusieurs pistes de réflexion à destination des diplômés comme des employeurs.
La place des jeunes diplômés dans la stratégie de recrutement
Seuls 8 % des employeurs considèrent les jeunes diplômés comme une priorité dans leur stratégie de recrutement actuelle. Par ailleurs, 42 % déclarent qu’ils ne constituent pas leur premier public cible lorsqu’il s’agit de pourvoir un poste vacant.
Cela ne signifie toutefois pas que les organisations ne voient pas l’intérêt d’investir dans les jeunes talents. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises doivent recruter rapidement et privilégient donc des candidats capables d’être autonomes dès leur arrivée. Dans le même temps, un nombre croissant d’employeurs est conscient qu’une stratégie de gestion des talents durable passe également par l’investissement dans les professionnels de demain.
« Ce n’est pas que les organisations ne reconnaissent pas la valeur des jeunes diplômés, mais l’accent est souvent mis sur les candidats disposant d’un peu plus d’expérience. Nous constatons toutefois que les entreprises qui investissent délibérément dans les jeunes talents sont mieux armées à long terme, car elles peuvent les former et les fidéliser dès le début de leur carrière », explique Jens.
Pour les jeunes diplômés, cela signifie qu’ils doivent redoubler d’efforts pour se démarquer des profils plus expérimentés. Les organisations, quant à elles, ont tout intérêt à réfléchir de manière stratégique à la manière d’intégrer les jeunes talents au sein de leurs équipes.
Que recherchent réellement les employeurs ?
L’étude révèle également que les employeurs accordent une importance particulière aux qualités personnelles. Ainsi, 70 % d’entre eux considèrent la motivation et la capacité d’apprentissage comme les critères les plus importants lors du recrutement d’un jeune diplômé. Pour 26 %, la personnalité et l’adéquation avec la culture de l’entreprise sont également déterminantes.
« Pour certaines fonctions, un diplôme spécifique reste bien entendu indispensable. C’est notamment le cas en comptabilité, en ingénierie ou dans d’autres domaines spécialisés où les connaissances techniques sont essentielles. Au-delà de ces exigences, nous constatons que les organisations recherchent avant tout des personnes curieuses, capables d’apprendre rapidement et de s’adapter. Un diplôme constitue un atout, mais il ne reflète pas à lui seul le potentiel d’évolution ni la valeur ajoutée qu’un collaborateur pourra apporter à une équipe », souligne Jens.
C’est une bonne nouvelle pour les jeunes diplômés. Les candidats qui démontrent leur esprit d’initiative, leur capacité d’analyse et leur volonté de continuer à apprendre augmentent considérablement leurs chances de convaincre un employeur.
Le principal défi
Parmi les employeurs qui recrutent des jeunes diplômés, 67 % estiment que les attentes élevées des candidats constituent le principal défi. Il ne s’agit pas uniquement du salaire ou de l’intitulé de fonction, mais aussi des perspectives d’évolution, de la flexibilité et de la rapidité avec laquelle les jeunes professionnels souhaitent se voir confier davantage de responsabilités.
Jens explique : « De nombreux jeunes candidats arrivent sur le marché du travail avec des attentes ambitieuses, tandis que les organisations évaluent avant tout un potentiel qui reste encore à développer dans la pratique. Une communication ouverte permet de mieux aligner les attentes des deux parties.
Cette responsabilité ne repose toutefois pas uniquement sur les jeunes diplômés. Les employeurs ont eux aussi intérêt à communiquer plus clairement sur les possibilités d’évolution, l’accompagnement et les perspectives de développement. »
Lorsque les candidats savent quelles étapes les attendent et sur quel soutien ils peuvent compter, les bases d’une collaboration durable sont plus rapidement réunies.
Comment les organisations peuvent-elles mieux attirer les jeunes talents ?
Investir dans les jeunes talents suppose une vision à long terme. Les organisations qui recrutent non seulement sur la base de l’expérience, mais aussi du potentiel, de la motivation et de l’adéquation avec leur culture d’entreprise élargissent leur vivier de talents. Un parcours d’intégration solide et des perspectives d’évolution clairement définies permettent aux jeunes diplômés de progresser plus rapidement. Le partage des connaissances entre collaborateurs expérimentés et jeunes recrues renforce également les équipes. Les organisations construisent ainsi un vivier de talents durable.
Comment les jeunes diplômés peuvent-ils se démarquer ?
Les opportunités sont bien réelles pour les jeunes diplômés. Les employeurs ne recherchent pas un CV parfait, mais des candidats qui démontrent leur envie d’apprendre et d’évoluer.
Les jeunes diplômés peuvent notamment augmenter leurs chances en :
mettant clairement en avant leur motivation et leur curiosité ;
illustrant leur esprit d’initiative au travers de projets, de stages ou d'activités extrascolaires ;
valorisant leurs compétences comportementales, telles que la communication, le travail en équipe et la résolution de problèmes ;
préparant soigneusement leurs entretiens et en démontrant un intérêt réel pour l’organisation et ses défis.
« Les organisations aiment investir dans des personnes prêtes à investir elles-mêmes dans leur développement. Cette volonté réciproque constitue souvent la base d’une collaboration fructueuse », conclut Jens.
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