Incertitude croissante chez les entreprises belges quant au recrutement et à la fidélisation des talents
Les organisations belges sont de plus en plus incertaines quant à leur capacité à attirer et à retenir les talents adéquats. L'étude salariale annuelle menée par le spécialiste du recrutement Robert Walters, qui s'appuie sur les contributions de chefs d'entreprise et de professionnels, révèle un écart manifeste entre la confiance des employeurs et les attentes des employés.
Les employeurs perdent confiance
Interrogés sur leur degré de confiance quant à leur capacité à conserver leurs talents en 2026, plus d'un quart des chefs d'entreprise déclarent n'avoir aucune ou peu de confiance. Ce chiffre est également élevé en ce qui concerne le recrutement de nouveaux talents : près de 30 % se sentent incertains.
Asia Skifati, directrice chez Robert Walters : « Ces chiffres montrent que les entreprises belges s'inquiètent de leur position sur le marché du travail. Elles sont confrontées à l'évolution des attentes des employés, à l'incertitude économique et à la nécessité de s'adapter à de nouveaux modèles de travail. »
Rétention des talents : ce qui fait rester les employés
Les résultats de l'étude montrent que les employés ne restent pas seulement pour leur salaire, mais surtout pour la manière dont ils peuvent travailler. Les trois facteurs qui contribuent le plus à l'engagement et à la loyauté sont les horaires de travail flexibles (42 %), un travail stimulant et passionnant (39 %) et l'autonomie dans les tâches et les priorités (38 %).
« Cela signifie que les employés restent surtout lorsqu'ils se sentent en confiance, indépendants et appréciés », explique Asia Skifati. « Ils veulent avoir la possibilité d'organiser eux-mêmes leur travail, s'investir dans des projets intéressants et être encadrés par des supérieurs qui les soutiennent plutôt que de les contrôler. »
En outre, il apparaît que les collègues et une culture d'entreprise positive (34 %) jouent un rôle déterminant dans la décision de rester. Les employés restent là où ils se sentent bien, dans des équipes qui les inspirent, avec une direction qui communique ouvertement et qui les écoute.
Les certitudes traditionnelles telles que la stabilité de l'emploi (20 %) et un salaire attractif (24 %) restent importantes, mais elles ne garantissent plus la fidélisation. Les organisations qui souhaitent vraiment retenir leurs collaborateurs doivent investir dans la confiance, la flexibilité et la culture.
Attirer les talents : ce que les professionnels recherchent chez un nouvel employeur
Lorsque les professionnels envisagent un changement de carrière, leur motivation est souvent double : financière et professionnelle. Les trois principales raisons de changer d'emploi sont un meilleur salaire (27 %), davantage d'opportunités de développement et d'évolution (22 %) et une plus grande satisfaction au travail (19 %).
Les candidats ne recherchent pas seulement un salaire plus élevé, mais surtout de la croissance, du sens et de la satisfaction. Les entreprises qui souhaitent attirer des talents doivent donc offrir plus qu'un salaire compétitif : elles doivent être en mesure de montrer clairement les opportunités d'apprentissage, l'autonomie et le sens que leur organisation peut offrir.
L'équilibre entre vie professionnelle et vie privée (11 %), la culture d'entreprise (9 %) et la qualité du management (6 %) sont également déterminants dans le choix d'un nouvel employeur. Les gens ne changent d'emploi que s'ils pensent qu'ils seront mieux soutenus ailleurs, tant sur le plan professionnel que personnel.
Du côté des employeurs, les chiffres montrent une image similaire, mais pas tout à fait identique. Les chefs d'entreprise indiquent que, selon eux, ce sont surtout les salaires et avantages compétitifs (33 %), les horaires de travail flexibles (23 %) et une culture et des valeurs d'entreprise fortes (19 %) qui seront essentiels pour attirer les talents en 2026. Il est frappant de constater que les perspectives de carrière et les possibilités de formation (14 %) sont moins bien notées, alors que les employés citent précisément ces éléments comme l'une des principales raisons de changer d'emploi.
« Cette divergence montre que de nombreuses organisations sous-estiment encore l'attrait des opportunités de croissance et d'apprentissage. Dans un marché où les professionnels accordent de plus en plus d'importance au développement personnel et à un travail qui a du sens, cela peut être une occasion manquée », prévient Asia.
Réduire l'écart
Les résultats montrent un décalage entre ce que pensent les employeurs et ce qu'attendent réellement les employés.
De nombreuses organisations continuent de miser sur des modèles de fidélisation classiques, tandis que les employés redéfinissent leurs attentes.
Pour relever le défi des talents pour 2026 et au-delà, les entreprises belges devront donc voir plus loin que les simples augmentations salariales. « Nous devons évoluer vers une culture de travail centrée sur l'humain. Ceux qui n'offrent pas aujourd'hui de possibilités de croissance et d'autonomie auront demain du mal à attirer les talents », conclut Asia.
En savoir plus
Contactez l’un de nos bureaux et lisez nos autres conseils de recrutement. Si vous êtes à la recherche de nouveaux talents, envoyez-nous votre offre d'emploi et découvrez comment nous pouvons vous aider.
Asia Skifati
Director | Robert WaltersT: +32 493 22 97 66
Articles similaires
Voir tout le contenuPrès de la moitié des nouveaux employés quittent leur employeur dans les 18 mois. C'est ce qui ressort des chiffres du spécialiste du recrutement Robert Walters. La raison principale : les responsables du recrutement évaluent surtout la capacité d'un candidat à passer un entretien, et moins sa capac
En savoir plusUn entretien d'évaluation semestriel est bien plus qu'une simple formalité. Alors que les évaluations annuelles sont souvent tournées vers le passé, cette conversation est principalement tournée vers l'avenir. Qu'est-ce qui va bien ? Qu'est-ce qui peut être amélioré ? Que faut-il faire pour terminer
En savoir plusLe marché du travail belge reste dynamique, comme le montre la nouvelle enquête salariale menée par le spécialiste du recrutement Robert Walters. Pas moins de 51% des professionnels interrogés indiquent avoir l'intention de changer d'emploi en 2026. Bien que ce chiffre soit légèrement inférieur à ce
En savoir plus