8 travailleurs sur 10 font aujourd’hui plus que ce pour quoi ils ont été engagés
- 81 % estiment que leur fonction est aujourd’hui bien plus large que celle pour laquelle ils avaient été recrutés
- Plus de la moitié travaillent davantage d’heures pour absorber cette charge supplémentaire
- Seuls 16 % abordent la hausse de la charge de travail avec leur manager
- 65 % utilisent des outils d’IA pour combler des lacunes en compétences ou en connaissances
- 44 % se sentent régulièrement dépassés par leur travail
Selon une nouvelle étude menée par le spécialiste mondial des solutions de talents Robert Walters, une large majorité de professionnels constatent que leurs responsabilités ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois, souvent sans reconnaissance officielle, sans rémunération supplémentaire ni réelles perspectives d’évolution.
Pour répondre à des attentes toujours plus élevées, de nombreux professionnels déclarent travailler plus longtemps ou déléguer certaines tâches dès que possible. Fait marquant : seule une minorité ose aborder cette hausse de la pression au travail avec son supérieur hiérarchique.
Parallèlement, l’IA prend une place croissante dans le quotidien professionnel : près des deux tiers des répondants utilisent des outils d’intelligence artificielle pour accomplir des tâches pour lesquelles ils ne se sentiraient pas suffisamment préparés autrement.
Andrew Powell, Chief Commercial Officer chez Robert Walters, explique : « De nombreuses entreprises évoluent actuellement dans un contexte économique difficile, marqué par une pression continue sur les coûts et la nécessité d’en faire plus avec moins de ressources. Il n’est donc pas surprenant de voir les fonctions évoluer et les responsabilités être redistribuées au sein des équipes existantes.
Lorsque ces changements s’opèrent sans transparence claire ni reconnaissance officielle, ils peuvent toutefois entraîner une charge de travail invisible, avec des tâches supplémentaires qui s’accumulent progressivement. Si cela peut aider les entreprises à rester agiles à court terme, ce n’est pas une solution viable sur le long terme et cela peut entraîner une baisse de productivité ainsi qu’un risque accru de burn-out si la situation n’est pas correctement encadrée. »
Le burn-out lié à l’IA
Une récente étude de la Harvard Business Review a montré que l’utilisation d’outils d’IA auprès de 200 employés d’une entreprise technologique américaine avait conduit à un élargissement des missions, à un rythme de travail plus soutenu et à des journées plus longues. Résultat : une augmentation progressive de la charge mentale, avec un risque accru d’épuisement, de burn-out et une détérioration des capacités de prise de décision.
65 % des répondants reconnaissent utiliser l’IA pour accomplir des tâches qu’ils ne pourraient normalement pas gérer seuls.
Andrew Powell ajoute : « L’IA s’impose déjà comme un outil puissant pour améliorer la productivité et aider les collaborateurs à monter plus rapidement en compétences dans de nouveaux domaines. C’est précisément pour cette raison que de nombreuses entreprises encouragent activement son utilisation.
Le défi consiste à faire en sorte que l’IA réduise réellement la pression liée à la performance, plutôt que d’augmenter simplement les attentes. Sans limites claires, le risque est d’accélérer le rythme de travail sans résoudre les problèmes de capacité sous-jacents. »
Une tension croissante au travail
Le burn-out lié à l’IA n’est toutefois qu’une partie du problème. Les périodes d’efforts intenses et de forte pression de performance sont souvent suivies d’un véritable « contrecoup », pouvant entraîner fatigue mentale, épuisement et détachement émotionnel chez les employés.
Interrogés sur la fréquence à laquelle ils ressentent cette forme de surcharge, plus de deux professionnels sur cinq (44 %) déclarent y être confrontés régulièrement, tandis que 34 % affirment la vivre occasionnellement.
Andrew Powell : « Assumer davantage de responsabilités peut être bénéfique tant pour les collaborateurs que pour les entreprises, en particulier lorsque cela favorise le développement des compétences et l’évolution professionnelle.
Mais lorsque ces efforts ne sont ni reconnus ni correctement encadrés, ils peuvent conduire à l’épuisement et à une baisse de productivité, avec des conséquences sur la prise de décision comme sur l’efficacité globale. La surcharge de travail invisible s’installe souvent progressivement, à mesure que les tâches s’accumulent. Les managers doivent donc agir rapidement pour éviter que ces heures supplémentaires invisibles n’alimentent une dynamique malsaine de stress et de burn-out au travail.
Pour freiner cette augmentation progressive de la charge de travail, les entreprises doivent mieux identifier les points de pression et mettre en place les bonnes mesures : redistribution des tâches, investissements dans les outils adéquats ou recours à une expertise externe lorsque cela s’avère nécessaire. »
Les entreprises qui parviennent à trouver le bon équilibre entre efficacité et charge de travail soutenable seront mieux positionnées pour maintenir leurs performances sur le long terme.
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